Une certaine vision du métier de modèle...un contre-courant....un chemin particulier....et une vraie déontologie de la pose.

 

en quelques mots...

Jac   -   Modèle
Jac - Modèle

      Un modèle très expérimenté!

 

- Il est bien difficile de perturber ma sérénité lorsque je pose, parce que j'ai une approche personnelle de chaque séance, une concentration solide, et un atout bien particulier . 

 

- mes 3 mots clés:

Liberté, risque, créativité

Parce qu'il n'y a ni liberté ni créativité s'il n'y a pas de risque, et c'est pour cela que la vie mérite d'être vécue!

La création artistique est à ce prix, et elle suppose effort, constance, remise en cause, inventivité et engagement.

 

Le succès n'est pas un hasard!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

                                                                                                                                           Né pour être libre! ... et nous sommes restés de longues minutes ainsi, dans la promesse de l'immobile.
Né pour être libre! ... et nous sommes restés de longues minutes ainsi, dans la promesse de l'immobile.

le Modèle libre...

Un extrait de mon livre sur mon métier de modèle. "Je pose par plaisir, par choix, par esprit d’indépendance. Je me sens libre, totalement. Je choisis les lieux et les personnes avec lesquelles j’ai envie de travailler. Un luxe ? Non, c’est une manière de me préserver, de conserver mon intégrité."

 

 

Je n'ai qu'une règle et une ligne de conduite:  Je pose. 

 

...

Les comédiens ont démonté leurs tréteaux

Ils ont ôté leur estrade

Et plié les calicots

Ils laisseront au fond du cœur de chacun

Un peu de la sérénade

Et du bonheur d'Arlequin

Demain matin quand le soleil va se lever

Ils seront loin, et nous croirons avoir rêvé

Mais pour l'instant ils traversent dans la nuit

D'autres villages endormis, les comédiens

... 

 

 

 

 

Dans ma vie de modèle je suis un vrai saltimbanque, et cela me suffit, le reste ne veut rien dire.  La liberté n'a pas de prix et n'a pas de statut.

Mots et Citations

Je n'ai qu'une règle et une ligne de conduite:  Je pose... oui mais parfois j'écris aussi...

...

 

Les séances cultes (avant Béo)

Il y en a vraiment beaucoup et il est bien difficile d'en ressortir une parmi tant et tant. Je me lance .

- Un début prometteur.  Ma toute première fois, parce que c'était la première fois, et que ma toute première pose (15 minutes) marquait déjà une personnalité particulière . Elle est devenue l'une de mes poses de référence. Et puis cette première séance fut...bénévole ( je ne  savais pas à l'époque que je pouvais être payé).

- Dans l'intimité d'un soir d'hiver.  Une séance dans un atelier d'adultes où je me suis retrouvé seul avec une étudiante qui dessinait et un prof...qui très vite se mit à dessiner aussi. Il faisait très froid dehors, personne n'avait eu le courage de se déplacer, et personnellement je serais volontiers rentré chez moi si le prof avait dit on annule . Jamais quelqu'un n'a mis autant d'énergie à dessiner que cette jeune femme, sans doute surprise de se retrouver seule et qui a su pleinement profiter de l’aubaine. Et ce soir-là j'ai pris un plaisir fou à poser dans l'intimité de ce petit atelier.

C’est aussi pour cela qu’on n’a pas le droit d’annuler une séance si c’est moi qui doit poser, parce que je trouverai toujours la ressource de vous offrir des poses d’exception

- L' Immobile. Ma première séance en dessin académique à l'ENSBA ( 3 heures la même pose), avec un prof qui me dit ce jour-là "vous ne tiendrez pas cette pose". Je pensais l'inverse, alors je l'ai gardée.  Ce n'était pas un coup de bluff, mais à l'évidence il n'avait jamais vu quelqu'un proposer une telle pose sur cette durée.  J'ai dû paraître à ses yeux comme le maître incontesté de l'immobilité, en tout cas son sourire et ses mots en fin de séance en disaient long sur sa satisfaction. J'ai posé plusieurs fois dans son cours, et je l'ai toujours impressionné, tout comme ses étudiants, par mon incroyable capacité à rester parfaitement immobile . Ce furent d'ailleurs ses derniers mots "une immobilité de statue" puisque j'ai cessé de poser dans cette école . J'aimais beaucoup son cours. 

- Top 3. Mes 3 séances des 15, 16 et 22 décembre 2017. Du haut de gamme pour le plaisir de tous.

- Oser la terre. Une séance de juillet 2016 en modelage où le mot Oser a trouvé tout son sens. 

- Icare. Ma séance sur le thème d'Icare où pour la première fois j'ai pris des risques insensés pour traduire la chute, l'espace et le vide sur des poses de 20 minutes. Je ne suis pas certain de refaire ça aujourd'hui... Quand j'y repense c'était de la folie.

- Le Modèle.  Ma longue séance de 26 heures sans repos les 15 et 16 mai 2015...après une journée entière de poses en école. 

 

A un certain moment on arrive à l’état de grâce :

- L’état de grâce. 

 - 20 et 21 mars 2018.  2 jours magiques, dont ma plus belle séance en 9 ans. 

- 24 mars 2018Une séance en Majuscule le matin qui a boosté ma journée, et cette Nuit en duo qui nous a transporté dans l’univers d’un conte intemporel avec Alice.   Emouvant! 

 

 

À propos de...

Le froid:

Le froid n’a pas d’emprise sur moi, ou très peu. Et je peux  le dire aujourd'hui, aucun modèle n'aurait accepté de poser dans les conditions extrêmes que j'ai connues en février 2018. Mais j'étais venu pour poser, c'est mon travail, et j'en mesure les contraintes et les risques, toujours. 
Je le prends comme une expérience, une longue expérience qui a duré 5 heures, dont 4 heures de pose, nu. ( il faisait à peine 8 degrés dans l'atelier). Cependant, cette enseignante n'aura plus jamais l'occasion de travailler avec moi, il y a un minimum de respect à avoir vis à vis du modèle, car les 2 fois où j'ai posé dans son cours elle fut en-dessous de tout. 
Quelque part en 2014, un soir d'hiver. Quelques poses courtes, je vacille, puis une pose longue, 40 minutes. Je la choisis en mode assis au sol, et pour la première fois de ma vie je réclame le radiateur, tout contre moi, curseur à fond. J'ai froid, je grelotte.  Étonnement de la prof, qui ne m'a jamais vu réclamer un chauffage. Je suis brûlant de fièvre.  Et mentalement je ne peux rien faire, toute l'énergie de mon corps est mobilisée pour lutter contre l'envahisseur, d'où ma sensation de froid.  J'ai dépassé les 39 de fièvre, mais je voulais assurer ma séance.

 

La différence entre ces 2 situations tient à ma capacité à mobiliser l'énergie et à orienter celle-ci, mentalement. 

La chaleur:

C'est en totale opposition avec le froid, et c'est mon seul point faible, la chaleur m'indispose. C'est pour moi une situation de stress, et c'est un point que je n'arrive pas à gérer, ou très mal. (dans un espace fermé uniquement).

 

Le bruit:

Juste une phrase pour résumer ceci: J'aime le silence du bruit. J'aime le silence tout seul aussi.

  

La nudité: 

Elle fait parfois partie de la pose donc je l'ai apprivoisée. Elle est toujours accompagnée de pudeur, évidemment. 

 

La fatigue, les courbatures: 

 Je n'ai jamais eu la moindre courbature en posant. Mais ce n'est pas une surprise. La fatigue est pour moi un mot étrange. Quand je suis en séance je pose, les dessinateurs sont venus pour dessiner et je suis là pour ça. 

 

L'immobilité:

Poser c'est être immobile. Je l'ai entendue souvent cette phrase de profs et de dessinateurs: "Enfin un modèle qui ne bouge pas!". 

Et je n'oublierai jamais la promesse faite le 6 avril 2009 à celles qui m'ont dit "Merci".

 

Le salaire: 

Je suis riche de bien d'autres choses que du prix d'une séance. C'est vraiment accessoire. 

 

Le statut:  Je suis le modèle et le créateur de mes poses, c'est déjà beaucoup. Et je suis né pour être libre. 

 

La précarité:    Je suis né pour être libre, et j'ai grandi pour être libre. La précarité est un mot qui sonne faux dans mon métier artistique.

La précarité est un mot inventé par la modernité qui recherche avant tout une forme de protection, incompatible avec la notion de liberté . La liberté est pour moi un choix de vie que j'assume totalement. 


Les risques du métier: