Une certaine vision du métier de modèle...un contre-courant....un chemin particulier....et une vraie déontologie de la pose.

 

en quelques mots...

Octobre 2017. Une belle rentrée cette année encore. C'est l'occasion de faire le point sur certaines questions que de nombreux étudiants ( jeunes et adultes) me posent lors des séances. Elles tournent sur les points suivants:

-  le froid, la nudité, le confort, la douleur, les courbatures, la fatigue, le salaire...

Pour faire bref je ne connais ni le froid ni la douleur, d'ailleurs que signifie le mot douleur lorsque l'on reste immobile? Une pose peut devenir inconfortable c'est vrai, mais de là à parler de douleur c'est carrément exagéré, et totalement inapproprié dans ce métier.

Je suis quasiment insensible au froid, j'ai pourtant posé dans des conditions extrêmes que personne n'aurait acceptées ( novembre 2015, février 2018). Mon corps est immunisé.

Si je pouvais faire de même avec la chaleur, qui m'indispose toujours, ce serait un mieux, et pourtant j'ai fait des poses vraiment longues ( en modelage et en peinture) par de grosses chaleurs ( + de 35°). La chaleur me demande un travail énorme de concentration.

Le confort du modèle. Une sellette nue me convient parfaitement, j'ai mon tissu personnel cela me suffit. Les tapis de  mousse et de gym sont trop dangereux pour mes poses, puisqu'ils occasionnent des traumatismes articulaires. Personnellement je n'en veux pas, mes poses étant millimétrées. J'ai besoin d'un sol dur, bois, dalle, pierre, peu importe pourvu que ce soit en dur.

Ne vous inquiétez pas, après un parcours sportif comme le mien je connais parfaitement mon corps, ses forces et ses faiblesses.

Un petit coin pour me changer. Il n'y en a pas toujours, mais j'ai appris à faire des cabanes dans les bois, donc ce n'est pas un drame.

Les courbatures:  c'est aussi la conséquence du point ci-dessus (confort). Pas la moindre courbature depuis 2015, grâce à un relâchement corporel quasi permanent, mais aussi grâce à la qualité exceptionnelle de mes appuis. 

Demandez à ma masseuse ce qu'elle en pense.


La nudité: Elle fait partie de la pose, mais je peux poser habillé aussi.
Beaucoup pensent qu'être modèle vivant c'est d'abord être nu. C'est une erreur fondamentale, le nu n'est pas la finalité, il est simplement un outil au service du dessin. J'aime bien poser en costume et en portrait de temps en temps, c'est une approche qui permet une autre forme de création. En peinture aussi on peut poser habillé.

La fatigue: je la laisse de côté, et c'est très rare de me voir fatigué. Je suis là pour poser.

 

Le salaire: c'est très variable, mais c'est un choix. Et puis pour moi ce n'est pas le plus important, il m'arrive de poser gratuitement, juste pour le plaisir, mon plaisir ( qui est aussi le vôtre; et je vous renvoie à la définition du bonheur).  

En 2017-2018 c'est  près de 40 heures de poses offertes

 

On ne devient pas riche en posant, on devient juste libre.

 

Vous voyez je ne demande pas grand chose, juste un peu de calme quand je pose, et de préférence pas de téléphones. 

Et surtout ne vous inquiétez pas, comme le disent de nombreux professeurs de dessin, je sais ce que je fais. Profitez!

 

 

Un autre point que je voudrais aborder, parce que cela est déjà arrivé. Pouvez-vous me photographier  pendant que je pose?

- En cours de dessin: Non,  sauf exception.(demandez-moi)

- En cours de peinture: Non, jamais.

- En cours de modelage:  Oui, sous conditions

Mais dans tous les cas vous devez me demander l'autorisation, (et m'inviter à votre exposition...).

   

Et pour terminer cette mise au point de rentrée, je suis avant toute chose un vrai professionnel de la pose. Mais ça, vous le découvrirez par vous-même.

 

L'ART DE LA POSE...

Spécialiste de la pose en mouvement et de la pose longue durée, j'alterne toutes les durées. Il suffit de me demander. ( mes 2 poses les plus longues ont duré 4 heures puis 5 heures, sans le moindre temps de repos, position debout. Travail personnel pour une artiste plasticienne). Ma séance la plus longue a duré 26 heures, 24 heures de pose réelle et 2 heures de repos par petits bouts de quelques minutes, une séance réalisées entre une séance de 6 heures et une autre de 5 heures. L'unique marathon de modèle recensé à ce jour. ( ne pas confondre avec un marathon de dessin).

De nombreux ateliers  me demandent aujourd'hui des durées longues, au delà d'une heure, ce que je fais avec plaisir. Ils savent que je peux le faire, alors nous en profitons ensemble. Je suis là pour poser, uniquement.  Ma séance idéale c'est celle qui dure 3 heures avec 20 minutes de repos au milieu, et 2h40 réelles de poses effectives.

En Avril 2017,  un enseignant m'a demandé une même pose de 2h20, sans repos (1) . Nous avons rallongé la séance de 30 minutes pour donner du temps de dessin aux élèves présents (groupe adulte). La posture n'était pas vraiment simple, et c'était un excellent exercice de réflexion et d'analyse, de voyage intérieur. 

Je ne pratique pas le yoga ni autres postures. La danse est mon univers de détente, ma force mentale et ma créativité font le reste, et mon respect du dessinateur est mon atout majeur.

Envie d'en savoir plus:  vous pouvez utiliser le formulaire "contact".  Merci

 

 

(1) A noter que rester immobile au delà de 45 minutes n'est nullement un risque pour la santé du modèle , à condition de connaître les capacités du corps humain et ses problématiques  biologiques, physiologiques et biomécaniques .

Le corps comme outil de travail...

Adepte de l'art corporel (danse et arts du cirque), le corps, le mien en l’occurrence, est mon principal outil de travail. Aussi, il m'est apparu comme une évidence de traiter de ce sujet dans mes recherches de bien-être corporel.

Au-delà de mes propres aptitudes corporelles, musculaires, physiologiques, morphologiques et cognitives, je traite dans mon quotidien de la relation à l'espace, à l'équilibre du corps, à la douleur, et donc à ma santé. Le bien-être corporel permet d'être en bonne santé, l'inverse n'est pas vrai.

Ma recherche m'a donc amené à traiter de la notion d'effort et de fatigue, de la notion de douleur ( c'est un mot très généraliste), et de la notion d'espace autour du corps et de ce qui est énergie.

Tout ce qui n'entre pas dans la norme, dans la croyance, dans le statut, est dérangeant.  Moi je crois simplement que le corps humain est comme une application informatique, chacun n'utilise  qu'une partie de ses capacités soit parce qu'il n'a pas besoin des autres fonctionnalités, soit parce qu'ils les ignorent, soit parce qu'il a peur.  Certains individus d'une trentaine d'années ont moins de vitalité que d'autres de 80 ans, la sensation de fatigue touche toutes les classes d'âge, y compris chez les enfants. En fait nous souffrons ( vous souffrez) d'un manque de vitalité parce que votre confort ( votre sensation de ce qui est confortable) est plus rassurante que votre envie d'oser. Ce phénomène est parfois amplifié par le corps médical, prônant le soin plutôt que sa prévention.

C'est pour cela que je ne me plains jamais, c'est une philosophie de vie et d'être.

 

La pose présentée ici a duré 2 heures, lors de la grande Nuit des 15 et 16 mai 2015. Pas de temps de repos sur cette pose, je ne le voulais pas puisque je posais 2 heures et je me reposais 10 minutes toutes les 2 heures, 26 heures en continu. J'avais par ailleurs prévu une vraie pose longue durant cette longue Nuit. Le sol est en dur, pas de coussins évidemment, pas de repos pour les bras, aucun fourmillement dans les jambes ou les pieds, aucune raideur dans les cervicales.   Parvenir à ce point au relâchement corporel ne m'a pas surpris, c'est le résultat de mon travail. Certains parlent de performance (1) moi je parle de bien-être.

 

Sur cette pose longue de 2 heures sans repos, je ne prends aucun risque pour ma santé avec la position de mes bras , j’ai ce savoir-faire mais surtout une capacité mentale hors normes. Aucun dessinateur présent ne m’a vu souffrir ou bouger sur cette pose. 

 

 

 

 

 

(1) à la suite de cette séquence j’ai été contacté par une chaîne de télévision pour une émission en live . Proposition que j’ai refusée, je ne suis pas modèle pour m’exhiber nu  à la vue de tous, et je ne suis pas un objet de foire. Et puis je n’aime pas ce terme de performance, dont la finalité est de classer les individus, et d’alimenter le sensationnel dans une société voyeuriste.  

Je fais le travail que j’aime au profit des dessinateurs avant tout.  Profitez-en.

 

 

 

Je suis modèle, tout simplement...

Je suis modèle!

 

Je suis artiste de l'immobile, et pourtant je suis sans doute celui qui bouge le plus, parce que mon corps voyage, et parce que je voyage, et souvent vous venez avec moi. Un cours de dessin n'est jamais de tout repos avec moi, et même certaines séances photos.

 

J'ai choisi cette activité et sa précarité pour être libre, elle est l'essence même de ce métier, son histoire, et en tant que telle je l'assume pleinement.

 

Je suis un compagnon du devoir, un troubadour moderne, je pose pour le plaisir de la pose (et pour celui des dessinateurs qui m'accueillent). Mon quotidien est rythmé de séances qui s'enchainent, du lundi au samedi, certains dimanches parfois.

 

Je suis venu à cette activité par plaisir et je compte rester libre, de mes choix d'ateliers et écoles, de mes poses, de mes souffrances parfois. J'ai acquis mon savoir-faire, je me suis façonné avec l'aide d'artistes peintres et dessinateurs, et avec mes étudiants et enseignants, celles et ceux qui m'ont fait confiance et me font confiance aujourd'hui.  J'apprends tous les jours. Je choisis mes ateliers avec rigueur, parce que pour moi c'est un chemin précis que je créé chaque jour, depuis bientôt 10 ans.

 

J'ai la réputation d'être un bon modèle, cela me suffit, et je compte le rester. 

J'ai un statut, celui d'être modèle et de faire le métier que j'aime, je ne demande rien d'autre. Je pose, sans tricher, sans me plaindre. A vous d’en profiter.

 

Je tiens à préciser que je n’appartiens à aucun mouvement de modèles d’art, en France ou en Europe. 

Je suis un modèle indépendant et solitaire, créateur de mes poses.

 

Dans cette activité solitaire, précaire et immobile, j'ai pris une voie où le mot liberté a un sens.

Jac