Une certaine vision du métier de modèle...un contre-courant....un chemin particulier....et une vraie déontologie de la pose.

 

en quelques mots...

Une mise au point sur ce qui habituellement fait débat.

-  le froid, la nudité, le confort, la douleur, les courbatures, la fatigue, le salaire...

- le froid: chaque individu est spécifique vis à vis du froid. Généralement les ateliers sont chauffés. Personnellement je ne prends jamais de chauffage à proximité. Il faut savoir qu'à 12 degrés j'ai chaud.

 

- la douleur: que signifie le mot douleur lorsque l'on reste immobile? Une pose peut devenir inconfortable c'est vrai, mais de là à parler de douleur c'est carrément exagéré, et totalement inapproprié dans ce métier.

 

Le confort du modèle. Sur la sellette il faut surtout une bonne hygiène, c'est à dire un drap propre, et non souillé (1). Je me contente pour ma part d'une sellette vide, j'ai mon matériel avec moi.  Je ne veux surtout pas de tapis de sol, qu'ils soient en mousse ou autre matériau. J'ai besoin d'un sol dur, bois, dalle, pierre, peu importe pourvu que ce soit en dur.  

Un coin pour se changer, avec un paravent. En son absence, je m'en accommode, car j'ai appris à faire des cabanes dans les bois, donc ce n'est pas un drame.

(1)  Je ne supporte pas de trouver une sellette (ou un vestiaire) non rangée, cela arrive malheureusement très souvent, surtout aux Beaux Arts de Paris où l'hygiène de certains laisse vraiment à désirer.  Rien n'est plus désagréable.  C'est un réel manque d'éducation.

 

Les poses à plusieurs. Je refuse.  Il s'agit d'une question de confiance et de compétence. Y compris habillé.  (Sauf bien sûr avec les modèles habilitées de ma compagnie).

 

Les courbatures:   Je n'ai jamais de courbatures.  Ce n'est pas une chance ni une surprise pour moi. 

Je suis sceptique au sujet de ceux qui font du yoga et qui se plaignent de courbatures. 

 

La nudité: Elle fait partie de la pose, mais je peux poser habillé aussi.
Beaucoup pensent qu'être modèle vivant c'est d'abord être nu. C'est une erreur fondamentale, le nu n'est pas la finalité, il est simplement un outil au service du dessin. Il y a malheureusement un trop grand nombre d'individus "dits modèles" qui  confondent certaines choses.

J'aime bien poser en costume et en portrait de temps en temps, c'est une approche qui permet une autre forme de création. En peinture aussi on peut poser habillé.

 

La fatigue: je la laisse de côté, et c'est assez rare de me voir fatigué. Je suis là pour poser. (1) 

 

Les temps de pose: Très variable selon le lieu et l'enseignant. Le modèle pose selon le rythme qu'on lui demande, poses rapides ( de 1 à 5 minutes), poses courtes (de 7 à 20 minutes), poses plus longues (à partir de 20 minutes). Il y a en général une progression pédagogique justifiée, un type de travail demandé dans les écoles. Dans les ateliers il y a surtout l'habitude, et une certaine routine.  Le temps de repos est également fonction de chaque école et chaque enseignant.

Pour ma part je suis payé pour poser.

 

Le salaire: c'est très variable, mais c'est un choix. Et puis pour moi ce n'est pas le plus important, il m'arrive de poser gratuitement, juste pour le plaisir, mon plaisir ( qui est aussi le vôtre; et je vous renvoie à la définition du bonheur).  

En 2017-2018 c'est ainsi  près de 40 heures de poses offertes

 

On ne devient pas riche en posant, on devient juste libre.

 

Vous voyez je ne demande pas grand chose, juste un peu de calme quand je pose, et de préférence pas de téléphones, mais là aussi je m'en accommode, le monde est ainsi fait.  

 

Un autre point que je voudrais aborder, parce que cela est déjà arrivé. Pouvez-vous me photographier  pendant que je pose?

- En cours de dessin: C'est déjà arrivé, il faut simplement me demander mon accord.

- En cours de peinture: Non, jamais ( même habillé)

- En cours de modelage:  Oui

Mais dans tous les cas vous devez me demander l'autorisation, soit pendant la pose elle-même, soit pendant le temps de repos. (et m'inviter à votre exposition, ha ha..). et cela va de soi, il n'y a aucun droit d'image, notre accord est verbal. Pour moi c'est une question d'éthique personnelle.

   

Et pour terminer cette mise au point , je suis avant toute chose un vrai professionnel de la pose. Mais ça, vous le découvrirez par vous-même.

 

(1) Il y a beaucoup d'exagérations de la part de nombreux modèles qui se plaignent sans cesse, y compris par médias interposés.  Comme quoi,  poser ne s'improvise pas. 

 

 

 

L'ART DE LA POSE...

Spécialiste de la pose en mouvement et de la pose longue durée, j'alterne toutes les durées. Il suffit de me demander. ( mes 2 poses les plus longues ont duré 4 heures puis 5 heures, sans le moindre temps de repos, position debout. Travail personnel pour une artiste plasticienne). Ma séance la plus longue a duré 26 heures, 24 heures de pose réelle en continu et 2 heures de repos par petits bouts de quelques minutes, une séance réalisées à l'issue d'une séance de 6 heures et avant une autre de 5 heures. L'unique marathon de modèle recensé à ce jour. ( ne pas confondre avec un marathon de dessin où plusieurs modèles se succèdent, par période de 2 heures ou 3 heures).

De nombreux ateliers  et enseignants me demandent  des durées longues, au delà d'une heure, ce que je fais avec plaisir, et nous en profitons ensemble. Je suis là pour poser, uniquement.  Ma séance idéale c'est celle qui dure 3 heures avec 20 minutes de repos au milieu, et 2h40 réelles de poses effectives.

 

Je ne pratique pas le yoga ni autres postures. La danse est mon univers de détente, ma force mentale et ma créativité font le reste, et mon respect du dessinateur est mon atout majeur.

Envie d'en savoir plus:  vous pouvez utiliser le formulaire "contact".  Merci

 

 

(1) A noter que rester immobile au delà de 45 minutes n'est nullement un risque pour la santé du modèle , à condition de connaître les capacités du corps humain et ses problématiques  biologiques, physiologiques et biomécaniques.

 

 

 

L'immobilité longue durée

Les 3 clichés ci-dessous en mémoire de l'immobilité parfaite, 9 heures au total ( 4 heures, puis 5 heures) pour une artiste plasticienne. Aucun repos pour ce travail au cours des  2 séquences, le moindre mouvement aurait cassé les formes et les plis des vêtements.  Les vêtements sont vides, mon corps n'est plus à l'intérieur. Ce fut en soi une performance que d'en sortir. 

Le corps comme outil de travail...

Adepte de l'art corporel (danse et arts du cirque), le corps, le mien en l’occurrence, est mon principal outil de travail. Aussi, il m'est apparu comme une évidence de traiter de ce sujet dans mes recherches de bien-être corporel.

Au-delà de mes propres aptitudes corporelles, musculaires, physiologiques, morphologiques et cognitives, je traite dans mon quotidien de la relation à l'espace, à l'équilibre du corps, à la douleur, et donc à ma santé. Le bien-être corporel permet d'être en bonne santé, l'inverse n'est pas vrai.

Ma recherche m'a donc amené à traiter de la notion d'effort et de fatigue, de la notion de douleur ( c'est un mot très généraliste), et de la notion d'espace autour du corps et de ce qui est énergie.

Tout ce qui n'entre pas dans la norme, dans la croyance, dans le statut, est dérangeant.  Moi je crois simplement que le corps humain est comme une application informatique, chacun n'utilise  qu'une partie de ses capacités soit parce qu'il n'a pas besoin des autres fonctionnalités, soit parce qu'ils les ignorent, soit parce qu'il a peur.  Certains individus d'une trentaine d'années ont moins de vitalité que d'autres de 80 ans, la sensation de fatigue touche toutes les classes d'âge, y compris chez les enfants. En fait nous souffrons ( vous souffrez) d'un manque de vitalité parce que votre confort ( votre sensation de ce qui est confortable) est plus rassurante que votre envie d'oser. Ce phénomène est parfois amplifié par le corps médical, prônant le soin plutôt que sa prévention.

C'est pour cela que je ne me plains jamais, c'est une philosophie de vie et d'être.

 

La pose présentée ici a duré 2 heures, lors de la grande Nuit des 15 et 16 mai 2015. Pas de temps de repos sur cette pose, je ne le voulais pas puisque je posais 2 heures et je me reposais 10 minutes toutes les 2 heures, 26 heures en continu. J'avais par ailleurs prévu une vraie pose longue durant cette longue Nuit. Le sol est en dur, pas de coussins évidemment, pas de repos pour les bras, aucun fourmillement dans les jambes ou les pieds, aucune raideur dans les cervicales.   Parvenir à ce point au relâchement corporel ne m'a pas surpris, c'est le résultat de mon travail. Certains parlent de performance (1) moi je parle de bien-être.

 

Sur cette pose longue de 2 heures sans repos, je ne prends aucun risque pour ma santé avec la position de mes bras , j’ai ce savoir-faire mais surtout une capacité mentale hors normes. Aucun dessinateur présent ne m’a vu souffrir ou bouger sur cette pose. 

 

 

(1) à la suite de cette séquence j’ai été contacté par une chaîne de télévision pour une émission en live . Proposition que j’ai refusée, je ne suis pas modèle pour m’exhiber nu  à la vue de tous, et je ne suis pas un objet de foire. Et puis je n’aime pas ce terme de performance télévisuelle dont la finalité est de classer les individus, et d’alimenter le sensationnel dans une société voyeuriste.  

Je fais le travail que j’aime au profit des dessinateurs avant tout.  Profitez-en.