10.000 heures de poses plus tard  je tiens toujours la promesse faite à celles qui m'ont élu, un soir d'avril 2009.

Et ensuite...

10/11/2020.  Crise, confinement, adaptation...? et tant de questions en suspens:

Vous le voulez comment votre modèle? 

- avec ou sans masque

- en chair ou en Visio

 

Pour ma part le choix est fait. Je n'ai jamais fait ce métier pour me retrouver nu sur une sellette, je l'ai choisi pour apporter quelque chose à ceux qui apprennent, avant tout. C'est ma mission première.

Pour les cours étudiants poser en Visio lorsque le 'chair et os' n'est pas possible s'inscrit dans la continuité du cours, les étudiants sont les premiers pénalisés par la situation que nous traversons cette année, donc si je peux faire mon métier pour eux je n'ai aucune hésitation. La pose en Visio suppose bien sûr une bonne installation matérielle (espace, profondeur de champ, éclairage).  Je fais le même métier, je pose. Ni plus ni moins. 

J'ai même l'impression que la pose en Visio me renvoie à l'origine de mon métier, tant elle impose de respect, d'implication et de confiance réciproque. Lorsque je monte sur la sellette ce n'est pas pour y faire de la figuration, que je sois en réel ou en vidéo. Je viens pour poser dans le cadre de leurs études, même si bien évidemment  je préfère leur présence en chair et en os.

 

La crise sanitaire nous impose cela , et pour moi ce n'est pas un compromis de conscience. Je serai toujours le modèle de mes classes.  

 

En réalité la pose en Visio n'est pas un changement de métier dans le cadre d'un cours de dessin, elle est juste une autre manière de faire. 

Enfin, la vraie problématique n'est pas une question de droit d'image, elle est uniquement une question de rapport de confiance.  

 

Et le masque dans tout ça.  J'ai établi un protocole sanitaire, adaptable en fonction des lieux et groupes. La priorité est de se protéger mutuellement. Poser avec le masque est donc possible.

 

Les Mains d'Or

22/10/2020.  Mon calendrier de rentrée prévoyait 3 dates que j'attendais avec une réelle impatience, 19, 20, 22 octobre.  Trio de rêve et contrat rempli, et bien au delà.  Aujourd'hui j'ai pensé à Lauryn, et ses camarades de promo de l'an passé, pour laquelle j'ai composé "laisse une trace", un texte qui figure dans mon prochain recueil. Ici le temps semblait s'être arrêté, et pourtant quelque chose a changé, un peu de vie en moins, un peu de masques en trop. Alors j'ai posé comme un homme d'airain, sans répit, mes bras ne se sont pas brisés, mes mains ont eu cette force incroyable que rien ne peut fléchir et surtout il y a eu tant de belles choses réalisées et de satisfactions. 

La liberté de choix

19/10/2020.  J'ai le privilège du choix, après 12 ans de vie à poser,  et je ne suis toujours pas rassasié, bien au contraire. Cependant depuis 2018 j'ai entrepris de faire le tri et de vraiment sélectionner mes lieux de pose. Ce choix se confirme encore et s'accélère aujourd'hui depuis la rentrée.  L'objectif est de n'en garder que 20. Il y a bien sûr dans ce choix la nécessité de me préserver en évitant le plus possible les heures de nuit et les ateliers du soir, même si l'hôtel peut être une bonne alternative, 10 ans à fond comme j'ai pu le faire cela suffit, personne ne l'aurait fait, dans les conditions qui sont les miennes. Mais il y a aussi des choix en journée, avec un critère géographique d'une part et surtout 5 critères plus personnels qui excluent automatiquement des ateliers connus à Paris et en banlieue et certaines écoles, publiques essentiellement.  La qualité de mon travail m'impose des exigences.
Le choix devient ainsi synonyme de liberté et de qualité de vie. Et je dois avouer que cela me permet aussi de consacrer plus de temps à celles qui travaillent à mes côtés. Cela n'a pas de prix.


Etre artiste suppose une adaptation permanente et une vraie rigueur professionnelle.  C'est mon engagement. 
La liberté de choix c'est aussi un contrat de confiance, celui que je passe avec ceux qui m'emploient. 

 

La Nuit

24 mars 2018. La Nuit magique autour du duo Jac & Alice.  Elle débute, il est la référence, et tout fonctionne à merveille entre eux.  L'écriture est soignée, les poses inspirantes dans une belle complicité.  Un duo est nait!
24 mars 2018. La Nuit magique autour du duo Jac & Alice. Elle débute, il est la référence, et tout fonctionne à merveille entre eux. L'écriture est soignée, les poses inspirantes dans une belle complicité. Un duo est nait!

Bientôt la 20 ème édition, et les suivantes sont en cours d'écriture. 

Lorsque j'ai commencé ce projet, en 2014, j'avais prévu 12 éditions, à raison de 4 par an. Je me suis vite rendu compte de plusieurs contraintes et points faibles.

- tout d'abord une Nuit de dessin de 10 heures ou même de 5 heures c'est énormément de travail en amont, et le rythme de 4 par an est assez vite devenu compliqué.

- le budget alloué était aussi une contrainte eu égard aux tarifs des locations qui varient selon la durée des nuits.

- Il fallait enfin trouver les modèles qui m'accompagneraient.  Là aussi dès la 4ème édition (la plus longue) je me suis rendu compte qu'il fallait des modèles fiables et de qualité pour accompagner Pauline et Nastasia. Ce fut le cas avec 4 modèles, Camille, Chloé, Manon et Rozenn, qui avaient les qualités requises, et nous avons fait un bout de chemin ensemble, entre 2016 et 2018.

La mutation totale est vraiment intervenue à partir de janvier 2018, et j'ai alors commencé à composer pour une équipe restreinte composée des 5 artistes qui la composent aujourd'hui, etqui termineront le chemin avec moi. (Alice, Florine, Ming, Sandra, Sijia).

 

Notre Compagnie est ainsi née.  

 

 

  

 "Résister c'est Créer" 

"Créer c'est Résister"

Voilà une réflexion à double sens qui m'amène à la question suivante:

L'Art est-il une résistance?

A titre personnel, au vu de mon chemin, de mes succès et de mes échecs, je suis enclin à répondre par l'affirmative. 

Je ne peux dissocier l'idée de résistance de l'idée de liberté. Etre libre c'est ne pas subir les pressions, celles du monde moderne, comme par exemple la recherche de profit, la recherche de statut, la normalité. 

Résister c'est aussi une part d'inconnu, une part de risque, c'est quelque part une non-conformité.  

Résister c'est encore faire face aux différences, aux préjugés. 

 

Finalement, le terme  "Résister" colle tout à fait à ce que je suis

 

2019.  Beo

Mardi 17 septembre 2019

 

La rentrée, la vraie, après 3 mois d'un repos bien mérité, finalement une année avec 8 mois de travail et 4 mois de repos c'est un rythme qui me va bien, et je vais continuer sur ce rythme. Cela me permet de me ressourcer, d'écrire, de prendre soin de moi, bien loin du vacarme parisien. Le succès n'est pas un hasard, il est le fruit d'un travail sérieux, le repos n'est pas une contrainte, il permet l'épanouissement, et tout le reste est tellement dérisoire face à la qualité de vie qui est la mienne.

 

Et la rentrée s'est glissée dans mon quotidien, avec son lot de belles surprises, et elles sont belles cette année. 

 

Un second projet d'écriture est en route depuis le 17 septembre, et l'ouverture enfin de mon atelier de dessin, le 27 septembre, font partie des nouveautés de la rentrée.